Interview : « Chaque être humain mérite de vivre dignement »

mardi 2 mars 2010 par Assoal

Suite à la rencontre africaine d’appropriation des méthodes d’exigibilité des Droits économiques, sociaux et culturels (DESC) tenu du 18 au 22 janvier à Yaoundé, Madani Koumaré, coordonnateur Afrique du programme DESC s’exprime sur la thématique des DESC en Afrique.

T.C. : Qu’est ce que le programme international de formation aux méthodes d’exigibilité aux DESC ?

Deux associations françaises, Terre des hommes France et Juristes-Solidarités, ont initié ce projet avec leurs partenaires de terrain, en Afrique (Bénin, Cameroun, Mali, Sénégal, Togo), en Amérique Latine (Guatemala, Mexique) et en Asie (Inde, Philippines) dans le domaine des Droits économiques, sociaux et culturels (DESC). Ces DESC visent, au travers des échanges de bonnes pratiques en matière de promotion et d’exigence de droits, à former lesdits partenaires de terrain aux méthodes avérées et innovantes d’exigibilité et de justiciabilité. Le programme international a donc vocation à être un catalyseur pour le respect et l’accès universel des DESC qui passent, entre autres, par la connaissance et l’utilisation optimale des instruments, des mécanismes et des organes de traités internationaux y afférents.

T.C. : Que prévoit ce programme pour l’Afrique ?

Le programme a des objectifs partagés pour les associations et réseaux d’associations des pays de mise en œuvre opérationnelle se trouvant sur les trois continents de mise en œuvre. Il s’agit principalement de réaliser des séminaires de formation internationaux, régionaux (tel que le présent à Yaoundé) et nationaux (y compris avec la participation d’experts). Ces séminaires débouchent à chaque fois sur des guides méthodologiques portant les thématiques abordées. Par exemple, le premier guide élaboré et disponible sur le site www.agirpourlesdesc.org , traite de l’élaboration des rapports de la société civile soit de manière alternative, comparative, complémentaire ou contradictoire à ceux attendus des Etats parties au Pacte international relatif aux DESC.

T.C. : Au terme de cette rencontre africaine, pensez-vous que les associations ou plates formes africaines sont assez outillées pour mener des campagnes de revendications des DESC au sein de leurs Etats respectifs ?

La rencontre a des objectifs pédagogiques qui, si je me réfère à l’évaluation qui a sanctionné les travaux, me semblent avoir été atteints. La teneur des débats réalisés ainsi que la qualité des outils méthodologiques, mis en partage et validés, augurent des interventions plus structurées et plus pertinentes pour la mise en œuvre de notre agenda concernant le plaidoyer en faveur de l’accès universel aux DESC.

T.C. : Quelles sont les difficultés auxquelles doivent s’attendre lesdites plates formes lors des revendications des DESC en Afrique ?

Le but ultime de notre travail est l’amélioration pérenne des conditions d’existence des citoyens dans nos pays par le moyen des politiques publiques inspirées et respectueuses des principes de droits universels. Autrement dit, la revendication est suscitée et portée par les acteurs de la société civile versus les pouvoirs publics qui sont en général les premiers responsables du respect et de la réalisation des droits. Il y a forcement des résistances, voire des confrontations sous diverses formes, pour aller vers les transformations souhaitées. C’est en cela que se justifie l’apprentissage des stratégies de mobilisation sociales et de plaidoyer politique dans les thèmes abordés.

T.C. : Cas pratique. Que faire face à la situation actuelle des déguerpissements et casses qui prévaut dans la ville de Yaoundé ?

Chaque être humain mérite de vivre dignement. Quand les situations l’exigent, il sera prêt à faire–valoir ce droit inaliénable, qui comprend la sécurité que lui confère l’accès à l’habitat décent. Il s’agira donc d’organiser les concernés, qui ne sont, généralement, que des citoyens frustrés de droits fondamentaux en aval, en mouvement social basée sur une démarche d’exigence cimentée avec les normes nationales et internationales, telles que nous les avons appropriées au cours de cette rencontre africaine. Rien ne peut résister longuement à la pression sociale organisée, quand elle est légitime et justifiée par des dénis de droits.

Propos recueillis par Eric O. LEMBEMBE


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