La lutte pour l’accès au droit à l’éducation des jeunes filles de la région de l’Extrême Nord du Cameroun

jeudi 25 novembre 2010 par Association de Lutte contre les Violences faites aux Femmes-ALVF

La loi d’orientation de l’Education au Cameroun du 14/04/1998, réaffirme en son article 9 le principe selon lequel l’enseignement primaire est obligatoire au Cameroun, consacrant ainsi le droit à l’Education pour les filles et les garçons. L’Etat s’engage également à l’article 7 de la même loi, de garantir à tous l’égalité de chances d’accès à l’éducation sans discrimination de sexe.

Cependant, en l’absence de données désagrégées par sexe officielles qui rend difficile l’appréciation de la situation, on peut relever les facteurs qui influencent négativement l’accès à égalité des filles et des garçons à l’école primaire dans la région septentrionale du Cameroun. On peut relever : les mariages précoces et forcés, la préférence accordée à l’éducation des garçons par les parents, qui font que beaucoup de filles ne jouissent pas de leur droit à l’éducation.

Cette discrimination flagrante a retenu l’attention de l’ALVF qui a mis sur pied depuis 2005 une stratégie devant favoriser l’accès des filles à l’Education telle que prévue par la loi.

Après la formation des paras juristes issus des communautés concernées, l’ALVF a procédé à la sensibilisation intense des chefs traditionnels et des parents sur l’existence de la loi et le bien fondé de l’école pour les filles.

Depuis 2006, l’antenne de l’Extrême Nord de l’ALVF, dirigée par Mme BILLE SIKE, Cofondatrice de l’ALVF, a développé le concept de « Brigade de Dénonciation » (BD). Ces brigades composées des jeunes de la localité et des membres de la communauté éducative : parents, enseignants, autorités religieuses et traditionnelles, représentants des forces de maintien de l’ordre, élèves, médias, … dénoncent les cas de violences subies par les jeunes filles et susceptible de les empêcher de jouir du droit à l’Education, entre autres : le non paiement de frais de dossier d’examen au CEP (diplôme de fin d’études primaires) et au concours d’entrée en 6ème, le retrait de l’école pour le mariage, la surcharge de travaux domestiques, la bastonnade… Les BD font également partie des groupes d’intérêts qui doivent soutenir le plaidoyer pour l’adoption d’une loi spécifique favorisant la promotion des droits des filles de cette localité qui subissent des discriminations spécifiques. Par ailleurs ils font de la sensibilisation communautaire sur la problématique des violences faites aux filles en vue du changement des comportements pour la disparition complète des violences qui empêchent les filles de jouir de leurs droits, surtout celui à l’éducation A l’heure actuelle, il existe 12 BD répartis dans 07 départements de la région de l’Extrême Nord et chaque année depuis 2007, une vingtaine de cas sont identifiés.

La perspective dès à présent est la création d’une coalition régionale des BD pour soutenir une plate forme régionale de lutte contre les violences faites aux filles. Le rôle de la plate forme sera alors d’influencé le vote des politiques qui élimineront les violences faites aux filles.

A terme, la démarche vise le changement de comportement des populations, ainsi que l’adoption et la mise en œuvre des politiques et mesures contre les violences faites aux filles par le Gouvernement.

Par Elise Pierrette MEMONG MENO
Cofondatrice Association de Lutte contre les violences faites aux Femmes (ALVF) – Cameroun  

Dakar, le 24 Septembre 2010


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