Philippines : Refaire le combat de nos héros pour la dignité

mercredi 16 décembre 2009 par Bernardo D. Larin - PhilRights

Les champions de la révolution philippine contre la colonisation ont pris les armes non seulement pour la liberté et l’indépendance mais aussi pour la terre, des emplois décents, des moyens d’existence, le droit à l’éducation et essentiellement le droit à vivre humainement.

Ce fut un soulèvement pour les droits, un cri pour la dignité.

Aujourd’hui, même si nous nous souvenons avec fierté de nos héros et de leurs courageuses actions, nous sommes encore harcelés par les problèmes et les horreurs qui sapent les droits de l’Homme et attaquent l’essence même de nos êtres que ce soit comme individus, communautés ou nation.

Le massacre barbare de Maguindanao qui a coûté la vie à plus de 50 journalistes, avocats et civils est la plus récente et la plus choquante démonstration de l’impunité qui règne dans le pays. C’est une forme maladroite et extrême d’avertissement des pouvoirs en place que l’on peut disposer des vies et jouer avec particulièrement quand il y a un tel enjeu.

Un autre affront à notre intégrité est la pauvreté, ainsi que le manque de services de base comme la santé, l’éducation, le logement et la sécurité sociale. Ce n’est sans doute pas aussi épouvantable que les meurtres et la torture mais ce sont des « tueurs silencieux ». Songez au nombre de bébés, de mères et d’enfants qui meurent chaque minute par manque de soins adaptés et de personnel, par manque de médicaments et de nourriture.

Combien de rêves meurent aussi chaque année parce que des enfants n’ont pu aller à l’école ou ont dû abandonner l’école pour travailler et augmenter les revenus familiaux ?

Nos ancêtres ont combattu un ennemi étranger mais maintenant, ironiquement, l’ennemi est le gouvernement, l’administration Arroyo qui a adopté des politiques et des pratiques qui entraînent la violation des droits de l’Homme.

L’encouragement agressif du régime de Gloria Macapagal Arroyo à l’exploitation minière à grande échelle a mis en danger le droit à l’autodétermination et le droit à la propriété des terres ancestrales des Philippins autochtones et a marginalisé des communautés victimes des déchets miniers. L’exploitation minière à grande échelle menace l’environnement, les ressources en eau, les moyens d’existence des fermiers et des pêcheurs, la santé et la sécurité des populations concernées.

Quant au travail, l’incapacité du gouvernement à alléger les effets des licenciements qui ont suivi la crise financière mondiale a augmenté les souffrances de nos travailleurs déjà victimes de salaires insuffisants et des pratiques illégales de la contractualisation et de la sous-traitance.

Ces mêmes travailleurs qui sont licenciés et doivent chercher du travail tous les six mois comprennent un grand nombre de migrants dans le secteur informel des zones urbaines qui sont expulsés par la force de leurs baraques sans respect de la loi sur le développement urbain et le logement.

Pendant ce temps, la question agraire ou le droit à la terre des fermiers, l’un des slogans des manifestations des Katipuneros, reste en suspens à ce jour. Le programme de réforme agraire reste incomplet parce que plus d’un million d’hectares de terre n’est toujours pas distribué et que les bénéficiaires ne reçoivent pas une aide suffisante en termes d’infrastructure, de financement, de subventions et de formation.

La liste des violations des droits de l’Homme du présent gouvernement pourraient encore s’allonger mais ces exemples sont suffisants pour conclure qu’Arroyo et consorts se moquent de la dignité du peuple. Leurs seuls intérêts consistent à garder le pouvoir et à éviter de rendre des comptes pour leurs nombreuses infractions.

Les évènements ont aussi prouvé que comme les politiciens de Maguindanao, Gloria Macapagal Arroyo et ses alliés n’hésiteraient pas à sacrifier des vies dans le seul but de se maintenir au pouvoir.

Du temps de nos héros, leur plus grand défi était de mettre les « mauvais colonisateurs » dehors. Maintenant, en tant que défenseurs des droits de l’Homme, nous sommes appelés à éliminer les obstacles à la préservation et à l’amélioration de la dignité de nos populations, y compris celles qui sont retranchées à Malacañang.

Ratifiez maintenant le Protocole facultatif au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels !!!

30 novembre 2009

Freedom from Debt Coalition - FDC
(Coalition pour l’annulation de la dette)
Philippine Alliance of Human Rights Advocates - PAHRA

(Alliance philippine des défenseurs des droits de l’Homme)
Philippine NGO-PO Network for ESC Rights
(Réseau des ONG et organisations populaires philippines pour les droits économiques, sociaux et culturels)
Task Force Detainees of the Philippines - TFDP
(Groupement des détenus des Philippines)



Traduction : Lysiane André


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