Les Droits de l’Homme au coeur de l’artisanat

MALI - La chargée de mission de Terre des Hommes France s’y est rendue en mars pour le suivi du programme de l’ONG Guamina, partenaire de Terre des Hommes France depuis 1994.

lundi 27 septembre 2010 par Emmanuelle Bertrand- Terre des Hommes France

MALI - La chargée de mission de Terre des Hommes France s’y est rendue en mars pour le suivi du programme de l’ONG Guamina, partenaire de Terre des Hommes France depuis 1994.

Au Mali, le secteur de l’artisanat « lourd » (menuiserie, mécanique, machineries, ameublement, fournitures...) constitue le domaine économique le plus important après l’agriculture. Pourtant, il n’est pas soutenu par le gouvernement : très peu de formation professionnelle (les artisans se forment « sur le tas »), peu d’opportunités de financement des projets et innovations, conditions de travail précaires, pas d’application du droit du travail pour la plupart des artisans, etc.

Fortes de ce constat, Terre des Hommes France et Guamina ont décidé de renforcer ce secteur. Les premiers programmes consistaient à financer des formations professionnelles pour les artisans et à proposer des crédits pour leur installation.

L’approche droits humains promue par Terre des Hommes France porte ses fruits.

Grâce aux actions de plaidoyer de Guamina auprès du ministère de l’Artisanat, la situation s’est nettement améliorée. Les Chambres de métiers sont organisées et malgré un besoin encore important de renforcement, aujourd’hui elles peuvent répertorier les problèmes des artisans et proposer des solutions. Pour répondre à leur demande de formation, une instance a été mise en place au sein de la représentation nationale des Chambres de métiers et un fonds a été créé pour en assurer le financement.

La mission au Mali a permis de rencontrer les acteurs du programme. Il s’agit principalement de renforcer les Chambres de métiers sur les droits économiques, sociaux et culturels (DESC) des artisans. Il est vital que les instances qui les représentent connaissent les droits et devoirs de chacun ainsi que les obligations de l’État dans ce domaine. Les points les plus importants concernent la protection sociale, le travail décent, l’employabilité, l’accès aux marchés publics, les impôts... En ayant connaissance de l’intégralité du rôle de l’État dans la protection des travailleurs, les artisans comprendront mieux la nécessité de payer leurs impôts. Par ailleurs, le renforcement proposé aux Chambres de métiers leur permet de maîtriser leur fiscalité.

Les membres de la conférence des Chambres des métiers et Madani Koumaré (à droite), responsable du programme DESC de Guamina.

Une poignée d’élus de celles-ci et certains représentants d’associations d’artisans (par métier) sont ainsi formés par Guamina sur les droits et devoirs des artisans et de l’État, pour une activité professionnelle reconnue et soutenue. Ces instances spécialisées en droits créées au sein des Chambres de métiers sont appelées « [ Comités DESC ] ». Pour l’instant, Guamina a formé ceux des six communes de Bamako, la capitale. En 2010, elle prévoit d’impliquer ces Comités dans la formation des Chambres de métiers des autres régions du Mali. Guamina a toujours eu le souci de l’implication dynamique des acteurs à tous les niveaux (de l’artisan au ministère de l’Artisanat), pour une réelle appropriation des droits et des devoirs de chacun.

Emmanuelle Bertrand
Chargée de mission

Cet article a été publié dans Défi (juin 2010), la revue trimestrielle de Terre des Hommes France.


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